2024-2025- Le fruit béni de vos entrailles – 100X100 cm

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LE FRUIT BÉNI DE VOS ENTRAILLES

2024 – Technique mixte – 100 x 100 cm

La toile est une illusion : il ne s’agit plus ici de peinture, mais d’une création plastique, presque chirurgicale. Au cœur de cette matière surgit un embryon, figé dans les circonvolutions d’un gros intestin modelé en mousse extrudée. Des sacs plastiques chauffés, étirés en brides, lient les anses coliques entre elles, maintenant le fœtus à sa place : captif, suspendu, dans une gestation d’ombre.

Le crâne du nourrisson est orné de points d’or et d’argent, figures neuronales reliées par des axones de peinture. Le reste du corps, réduit à l’état squelettique, semble à la fois naître et pourrir dans l’antre de cette matière.

Ici, l’œuvre s’inspire d’une vision ancienne, tragiquement belle : celle des Cathares — ou Albigeois pour leurs bourreaux — qui voyaient dans le monde matériel la manifestation même de l’Enfer. Pour eux, exister, c’était chuter. Mais traverser la matière, c’était peut-être aussi la seule voie d’accès à la Lumière.

Ce fruit des entrailles n’est pas une promesse naïve. Il est ce que Mani appelait déjà le passage: une incarnation douloureuse, impure, mais nécessaire. Il faut naître du ventre du mal pour espérer un jour entrevoir la Terre Pure.

Ah Mani ! Comme tout semblait simple avec toi.

Mais non content d’être artiste, il t’a fallu penser

Qu’il était nécessaire pour ce monde de trouver La Voie :

Celle de la Lumière aux Ténèbres opposée.

 

Ta conception du monde, apparemment simpliste, a perduré,

Et ta croyance manichéenne partagée, entre purs et Parfaits.

« Les Albigeois » les avaient-on nommés,

Pour ainsi pouvoir mieux les torturer puis les bruler.

 

Qu’avaient-ils fait, sinon que de voir en cet univers de matière

L’image des Ténèbres et de tout ce qui nous y enchaine :

Nous, humains, nous sommes tant éloignés de la Lumière

Que nous ne prions plus par l’Eglise et subissons l’anathème.

 

Mani, aujourd’hui encore, subsiste le souvenir de ta pensée

Et les siècles n’ont pu complétement t’effacer.

Je me questionne sur cette époque et la façon de développer

En moi ce besoin d’une pure spiritualité.

 

Les dogmes sont pourris : leurs vices et leurs secrets puants

Trouvent toute leur gloire dans les gros titres des journaux.

A qui désormais faire confiance, parmi ces charlatans

Des cultes obsolètes qui sourient encore aux dévots ?

 

Mani, tes femmes étaient Parfaites car toutes pures.

En elles grandissaient les graines qui rédimeront

Le Mal dans l’Homme pour atteindre l’immatérielle Terre Pure

Alors soit ! Qu’Au travers des entrailles vienne le nourrisson !

CARRIERE de GLENCOE

Sociétaire d’Arts et Lettres de France

& des Beaux-Arts du Périgord

 

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