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LES OUBLIÉS
2024 – Acrylique sur toile – 50 x 50 cm
A l’été 2024, l’exploration de la couleur est comme un contrepoint à la tristesse, un chemin fragile vers l’apaisement. Dans Les Oubliés, le regard se perd dans un champ de blés, frémissant sous le vent, baigné d’une lumière douce. Ce paysage, traversé par une émotion extatique, devient un refuge — celui que seule la peinture peut encore offrir.
Mais cette toile, comme beaucoup d’autres, porte une double lecture. Trois tiges de blé, encore debout, semblent s’étonner d’avoir été épargnées. Tout autour, la faux a frappé sans discrimination. Déjà pigeons et rats s’approchent d’eux.
Dans cette scène de fin de moisson, la métaphore de l’existence se déploie : rien n’est acquis, tout est passager. La mort frappe sans logique, sans mérite, sans promesse. Et parfois, même vivre pleinement ne suffit pas à donner du sens.
La pire des existences est de mourir pour rien
Car même riche vie n’y vaut que peu de bien.
La vie, si souvent rude, peut parfois un matin,
Paraître bien clémente à quelques-uns d’entre nous.
A ces chanceux, l’espoir est permis pour demain,
Devenus insouciants de leur fatal rendez-vous.
Tels ces blés que la Grande Faux vient à frôler,
Etêtant celui-ci et brisant celui-là,
Ces trois-là se regardent alors tout étonnés
D’être parmi les chaumes encore debout et droits.
Prenant pour eux seuls les bienfaits du hasard,
Vois-les ignorant pigeons et rats qui accourent,
Nettoyeurs des champs, funèbres charognards,
Ils ne sont là que pour vous, pauvres blés inutiles.
Ici-bas rien n’est acquis et quel que soit l’endroit
Où l’on pousse, la mort fauche les bossus comme les droits.
La pire des existences est de mourir pour rien
Car même riche vie n’y vaut que peu de bien.
CARRIERE de GLENCOE
Sociétaire d’Arts et Lettre de France
& des Beaux-Arts du Périgord